Les plus anciens d’entre vous s’en rappellent peut-être : à l’origine, ce blog est né pour faire la promotion d’un album de rap en cours de réalisation. Le projet Aznavour. 100 posts plus tard, l’album est toujours en cours de réalisation, terme pudique pour vous dire qu’on rame comme des chiens. J’avais promis en début d’année que j’allais me replonger intensément dans le disque, mais j’ai menti. Très honnêtement : je le vis plutôt bien. Surtout parce que Dreyf et moi avons réussi à reprendre un peu d’air en dehors de ce projet : lui avec une mixtape qui s’annonce mortelle, et moi en commençant enfin à faire circuler efficacement mes sons. C’est vraiment salvateur pour nous deux. J’pense que sans ça, on aurait pêté un câble.
L’album est toujours d’actualité. On progresse toujours. Ma plus grosse crainte reste sa direction artistique : l’idée d’un album-hommage, mise en avant au début, a mis une distance entre Dreyf et moi. Disons que dans le duo, il est le rappeur, et je suis la groupie d’Aznavour. Donc on tire chacun de notre côté et on a parfois eu du mal à se mettre d’accord. Aujourd’hui je ne sais pas à quoi ressemblera le projet final. J’espère simplement que ni Dreyf, ni moi n’aurons de regret. Puisque je suis à l’heure des confidences, j’aimerais bien que ce disque ait la gueule de “Graduation” de Kanye West. Ne riez pas, bande d’ingrats. Ce que je veux dire par là, c’est que “Graduation” est un album qui sait où il va. Un album où chaque mouvement semble avoir été réfléchi et mis en perspective avec le reste. Je veux qu’on fasse la même chose. On en reparle au 200e post.
Mais aujourd’hui est d’abord un jour de fête, alors je propose qu’on fasse comme dans ces épisodes de “Sauvés par le Gong”, quand Zack Morris et les autres se retrouvent à la cafétéria pour se remémorer les épisodes précédents (avec l’effet “eau brouillé” à l’écran). Voici donc, en toute objectivité, les dix meilleurs moments de moi-même sur ce blog :
10. 29 août 2007 : Les morceaux parfaits (9/10)
L’été dernier, j’aurais pu aller voir la mer. Ca m’aurait fait du bien. Et puis j’ai décidé de faire un série estivale autour des morceaux qui, “dans mon monde, représentent une forme de perfection absolue“. Quel con. Celui sur ‘Nathalie’ de Gilbert Bécaud est bien. D’ailleurs un billet est officiellement bien quand Yacine_ le commente en premier et quand Rémi sort une phrase glaciale mais sympa. Le reste du temps, ses phrases sont juste glaciales.
09. 23 février 2008 : Soklak – After L (remix)
La preuve que j’ai pas forcément besoin de raconter ma vie pour générer des visites, ce billet est le plus commenté de toute l’histoire de ce blog. On retiendra notamment ce message d’une certaine Gote : “Moi J’suis tombée amoureuse de ce p’tit morceau =)“. J’trouve que le sobriquet “P’tit morceau” me va comme un gant.
08. 11 septembre 2007 : Voir LOST et mourir
Juste pour dire que sur le site d’Entertainment Weekly, il y a une rubrique incroyable autour de la saison 4 de LOST. Un certain Jeff Jensen commente chaque semaine les épisodes, et j’aimerais vraiment qu’il soit mon meilleur ami. C’est drôle, sacrément documenté et hyper-pointu. Du coup, quand je compare ses analyses avec mes posts dithyrambiques, j’ai l’impression d’être une cheerleader hystérique qui essaierait de causer stratégie avec Pat Riley. Mais j’assume !
06. 15 décembre 2007 : La perte des frissons
L’une des rares fois où le billet s’est écrit par lui-même. Genre je discutais, je discutais, et je voyais les paragraphes venir les uns après les autres. Ca m’a fait le même effet le jour où j’ai réécouté “L’Palais de Justice” de Freeman en voiture. J’aime bien ce billet car visiblement il a parlé à pas mal de gens, et en plus le nÄo de l’article est devenu un vrai pote.
05. 13 novembre 2007 : Panthéon, le soulèvement des machines
nÄo est un vrai pote, mais quand je lui ai dit que j’avais envoyé des sons à Booba (j’vous ai pas raconté ?), il a pris un air atterré, comme si Booba était pas le meilleur rappeur français de l’Histoire !! Faudrait que je lui fasse lire cet article, car dans la conversation, tous mes arguments sont tombés à plat. Bonus : mon orgueil a kiffé en voyant ça.
04. 22 mai 2007 : Aznavour, 10 chansons références
Meilleure illustration de l’histoire de ce blog. Et il faudrait vraiment que je fasse tout le temps des classements à la con, c’est le truc le plus rigolo et le plus facile à pondre (notez la mise en abime).
03. 25 avril 2007 : L’aznavourite aïgue
Ma théorie sur le rap new-yorkais de la fin des années 90 tient toujours. Et la semaine dernière, quand j’ai lu sur le myspace d’un beatmaker qu’il travaillait sur “la compilation rap en hommage à Aznavour qui sortira prochainement“, les symptômes de l’aznavourite aïgue sont revenus de plein fouet. Si une taupe de l’industrie du disque traîne dans les parages, je suis demandeur d’infos à ce sujet, d’ailleurs.
01. 26 mars 2007 : La légende des vingt chansons d’or
Le billet aznavouresque par excellence. Je le place en numéro 1 parce qu’il a été repris mot pour mot dans le livre “Aznavour, passionnément”. Si j’avais su, j’aurais cité le prénom de mon ex’, j’lui aurai envoyé le bouquin dans un paquet-cadeau et on aurait pu arrêter le projet. Dommage.
C’est la question cruciale que se pose Kery James dans ‘A l’ombre du show bizness’, sa collaboration tant attendue avec Charles Aznavour. En invitant Le Grand Charles sur son nouvel album, l’ex-Ideal J a donc plié : pas de morceau sur l’Amour (gasp !), pas d’introspection, mais un argumentaire enflammé sur le thème “Oui, les rappeurs sont aussi des artistes“. Il fallait s’y attendre : en se mesurant à Aznavour le temps d’un titre, Kery James n’a pas pu échapper à l’éternel complexe d’infériorité du rappeur face à la “vraie” musique. Les mots “art” et “poésie” sont omniprésents, et Kery brandit les Victoires de la Musique comme une pomme de discorde, avec un mélange confus d’envie et de rejet (”Combien de temps vont-ils se partager les Victoires de la Musique ? On s’en fout…“). Dès la première mesure de ce morceau placé en fin d’album, Kery assène : “Ils tentent d’étouffer notre art, faut être honnête, ils refusent de reconnaître qu’en ce siècle les rappeurs sont les héritiers des poètes“. Retour dix ans en arrière, “Le Combat continue”, dernier morceau, première mesure : “J’aurais voulu être un artiste (mes couilles) j’aurais voulu être un mec riche, et lorsque je m’adresse au public faut pas qu’je triche“. Autres temps…
Jamais à l’abri de ses contradictions, Kery James fait quand même plaisir : il lit ce blog ! Hé ouais, entre mélancoliques, on s’comprend. Non, en vrai, Kery James s’en tape complétement mais il a quand même retenu malgré lui une partie de mes conseils : sur le morceau, Aznavour ne fait pas de gros refrain, mais une simple conclusion parlée. Côté production, pas de simagrées, c’est bien des pianos et des violons, avec de bonnes envolées dramatiques pour accentuer l’interprétation exorbitée de Kery. Charles Aznavour fait donc sa discrète apparition après le dernier couplet : groupie comme je suis, j’aurais aimé qu’il nous livre une ou deux vérités universelles du genre “Ne cultive pas les regrets car on ne récolte jamais que les sentiments que l’on sème“, mais finalement son court monologue complète le texte de Kery James et lui donne un relief assez émouvant. Aznavour a l’allure d’un vieux chêne millénaire qui dispenserait de sages conseils à un jeune égaré, et sa tempérance apporte un bel apaisement à son hôte, d’autant que Kery James injecte une telle passion à son interprétation qu’il donne l’impression de rapper depuis une cellule capitonnée. Mais en donnant à Aznavour le dernier mot de l’album, il fait un choix humble et judicieux. Plus qu’un simple featuring, Charles Aznavour est ici presque narrateur, voire caution morale de tout l’album. Mathilde Seignier doit faire la gueule.
Bon, évidemment, je vous cache pas que ça me fait un pincement au coeur de savoir qu’un album de rap français se termine sur la voix d’Aznavour. Sur le coup, on s’est un peu fait griller mais cette collaboration-événement n’aura à mon avis pas de suite (j’imagine mal Aznavour faire son Lil’ Wayne et devenir l’invité-récurrent des albums de rap). Et quand notre album sortira – s’il sort un jour – on risque de devenir les mecs qui font comme Kery James, mais c’est pas très grave. Dreyf en a presque fini de sa mixtape, on va pouvoir se remettre au travail. Je sais qu’on risque d’affronter encore pas mal de jours de doutes (mon Dieu, ce blog vient de souffler sa première bougie) mais pour retrouver le droit chemin, je pourrai toujours me réconforter en réécoutant ce morceau imparfait mais touchant, et retenir ces paroles qui, finalement, sont peut-être d’autres vérités universelles :
“Les portes sont fermées, verrouillées, mais elles s’ouvrent petit à petit. Et plus tu y croiras, plus tu pourras, plus tu réussiras, à l’ombre du showbizness.”
Rap2k, il y a 10 jours : “Dans une interview qu’il a donné cette après-midi à une radio locale de Grenoble, Kery James a annoncé qu’il y aurait Charles Aznavour en featuring sur son prochain album. Ceci n’est pas une rumeur bidon mais est bel et bien officiel, et je pense qu’il faut s’attendre à son qui risque de faire très très mal. “
Je sais pas trop quoi penser de tout ça (traduction : je suis mort de jalousie). D’un côté, je ne peux que me réjouir de voir Charles Aznavour franchir le cap et participer à un album de rap après avoir publiquement défendu le genre pendant des années. Et puis, si on fait le tri, il n’y a pas 50 rappeurs qui peuvent décemment pouvoir inviter Charles Aznavour sur leur album. On doit à Ideal J l’un des morceaux les plus marquants dans le registre des samples d’Aznavour (”Evitez”) et Kery James a une mélancolie qui peut faire un contraste intéressant avec la voix du Grand Charles.
De l’autre, les énormes featurings ambitieux n’ont pas toujours été les plus grandes réussites artistiques du rap français. Et même si je devrais être la dernière personne à dire ça, j’ai pas spécialement envie d’entendre Charles Aznavour sur un morceau de rap. Le sampler, c’est une chose (une très bonne chose !), mais l’avoir sur un morceau, c’en est une autre. C’est un peu comme quand Jay-Z a voulu inviter Booba sur scène au Zénith : d’un côté, ça fait plaisir, mais de l’autre côté, ça fait se téléscoper deux mythologies qui ne reposent pas sur les mêmes fondations.
Mais l’occasion est trop belle, voici donc mes dix conseils à Kery James pour un featuring réussi avec Charles Aznavour :
1. Ne l’invite pas simplement pour un refrain. Ce morceau-là ne sera pas un single – Laurent Bouneau se fout d’Aznavour – donc oublie les formats.
2. Pas de gros son – dis à Tefa & Masta qu’ils ne font pas ‘La boulette’. Ce morceau, c’est avant tout la rencontre de deux voix pleines de souffrance et d’humanité. A la limite, même un titre acapella pourrait fonctionner.
3. Même si tu es une légende du rap français, tu te retrouves face à une légende tout court. Sa simple présence est déjà un événement, alors utilise-là judicieusement : je suis sûr que si tu lui accordes 8 mesures parlées sur l’intro, il te fera quelque chose de bien plus puissant qu’un triple refrain.
4. Je t’ai vu au concert, donc je sais que tu le sais déjà, mais n’oublie pas qu’Aznavour peut te hanter toute une vie avec une phrase de 5 mots. Côté texte : Keep it simple.
5. Ne faites pas un morceau sur la banlieue, il y en a déjà un sur son album et ‘Le ghetto français’ est de toute façon inégalable. Un seul mot : introspection.
6. Invite à nouveau Marie-Jeanne Serrero, l’arrangeur de cordes de ‘J’ai mal au coeur’. Je sais pas vraiment où t’en es par rapport à la question des instruments à cordes dans ta musique, mais je t’assure que pour l’occasion, ça vaudrait le coup de faire une entorse à cette règle.
7. Retrouve le numéro de DJ Mehdi. Il pourrait apporter quelque chose de très émouvant, très mélodique mais brute. En plus, il n’en fait jamais trop, il sait s’effacer derrière la musique quand c’est nécessaire (ex : ‘On s’habitue’ de Rocé). Fais-lui confiance.
9. Je sais que, par le passé, tu as écrit des choses que tu regrettes aujourd’hui. Alors va chercher au fond de toi-même ce texte que tu pourras assumer dans 10, 20, 50 ou 80 ans. Ce morceau-là, tu ne le fais pas pour le rap, tu le fais pour l’Histoire.
10. Pour les fans, insère un très léger clin d’oeil à une chanson d’Aznavour. Pourquoi pas “Les deux pigeons” ? En plus ça fera le lien avec “Evitez”. Et il y a une rime magnifique à faire avec “le bonheur qui nous était du sur le chemin du temps perdu“.
En plus ça ferait un beau titre : Kery James ft. Charles Aznavour – ‘Sur le chemin du temps perdu’.
En juin dernier, quand j’ai discuté au téléphone avec l’un des responsables des éditions Raoul Breton, l’une de ses premières réactions après avoir écouté nos maquettes était : “Mais… Vous avez rejoué les samples ? Parce que là, je reconnais pas les morceaux originaux.” Moi, à l’autre bout du fil, j’étais partagé entre l’envie de m’excuser platement (”promis, on le refera plus, pardon, le rap c’est mal“), l’angoisse de voir nos espoirs guillotinés sur le champ et – tout de même – la fierté de me dire que j’avais retourné les samples d’Aznavour à un point où même ses éditeurs ne pouvaient les détecter à l’écoute. Mon argument avait alors été quelque chose comme : “Certes, et je comprend tout à fait votre point de vue qui est tout à fait justifié [NDR : le trac me fait dire des phrases trop longues] mais pour nous, en tant que rappeurs qui aimons le rap et les musiques technologiques, le meilleur hommage possible à faire était d’aller au delà d’une simple mise en boucle traditionelle de quatre mesures à l’image d’une oeuvre comme ‘What’s the difference’ de Dr. Dre“. J’avais ensuite bredouillé que j’avais un respect immense pour Dr. Dre, et après avoir raccroché, mon nez s’était fissuré.
Tout ça pour dire : on m’a prêté récemment une vieille compil’ sortie par Def Jam à la fin des années 90. Ca s’appellait “The Rapsody Overture (Hip-Hop meets classic)”. Je crois que ça avait bien marché à l’époque et je reste convaincu que le morceau “Paparazzi” d’XZibit avait du soit l’inspirer, soit lui donner suite. J’ai donc écouté “The Rapsody” en voiture ces jours derniers, et je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que ce disque constituait l’exemple type de l’album-concept foireux. Sur la plupart des morceaux, il n’y a aucun dialogue entre les deux genres : le single de Warren G. est une ressuscée d’un morceau de son deuxième album – renommé pour l’occasion “Prince Igor” – où le demi-frère de Dr. Dre se contente de prononcer les expressions-type du G-Funk sur fond de flûte traversière. Complétement improbable.
Note annexe : il est tout à fait possible de faire un morceau de rap californien ultra-violent avec une flûte traversière, la preuve (allez, j’ose : meilleure boucle de tous les temps).
Côté sampling-interpolation, on aurait pu espérer des passages un peu nerveux, avec des montées en puissance, des crescendos, des ruptures un peu dramatiques, des gros cuivres qui donnent le vertige. Mais non : juste des boucles trop longues et des productions sur-mélodiques. Il y a un morceau d’un certain Jay (non, un autre) qui rappe comme une brute sur le prélude de Bach (ou de Maurane), complétement désinteressé par un instrumental qui l’ignore également. Je ne sais pas si cet album a converti des auditeurs de rap à la musique classique, mais je doute fortement que des auditeurs de classique se soient mis au rap après avoir entendu la reprise de ‘Vissi d’Arte’ par Onyx.
Note annexe (bis) : il est tout à fait possible de sampler un air de classique hyper-évident et d’en faire une tuerie atomique, la preuve :
Il y a juste un morceau pour lequel j’ai un faible, c’est celui de LL Cool J, juste parce que, allez savoir pourquoi, un rappeur pour dames qui dit “Dear Malika” au milieu d’un air d’opéra, ça me parle. Il aurait dit “Dear Samantha“, ça m’aurait laissé complétement indifférent, mais “Dear Malika“, j’aime.
Bref, je suis donc arrivé à la conclusion qu’on avait bien raison de ne pas chercher à coller au morceaux originaux d’Aznavour pour notre album : personne – et moi le premier – n’a envie d’entendre un rappeur souiller une chanson de légende, même pour lui rendre hommage. Et si des gens nous reprochent de le faire, je sais qu’ils le feront juste par principe, car franchement, le type qui viendra griller le sample de ‘La Bohème’ sur l’album sans connaître le concept, il aura une oreille de lynx.
Je peux raisonnablement dire que je suis un meilleur producteur qu’il y a un an. Ma discographie ressemble toujours à un désert aride.
-
Sampler du Aznavour pour un premier long-format, sans expérience, quelque part, c’était un peu suicidaire nan ? Si un autre l’avait fait à notre place, je l’aurais maudit.
-
L’album n’est pas sorti en 2007. “Detox” non plus.
-
Wow, ça fait quand même deux ans qu’on est sur cet album, t’es sûr que le jeu en vaut la chandelle ? Si tu abandonnes maintenant, connard, tu t’en voudras toute ta vie.
-
Commercialement parlant, sortir un album bourré de samples d’Aznavour en 2007 n’est pas l’angle le plus pertinent pour être disque d’or. Commercialement parlant, sortir un album en 2007 n’est pas l’angle le plus pertinent pour être disque d’or.
-
Franchement, ça reste entre nous, mais ‘Comme dans un coin du Bronx’ est un putain de morceau. Jusqu’à maintenant, le problème, c’est que ça reste entre nous.
-
Les filles ne comprennent pas que je sois fan d’Aznavour. Et je dois toujours préciser que “faire des instrus“, c’est “faire la musique derrière dans les morceaux de rap“. Note pour moi-même : pour le prochain album, arrêter le rap, passer à l’électro.
-
On a un accord de principe des éditions Raoul Breton pour sortir l’album. Bien, mais à nous de leur faire garder confiance en notre projet.
-
‘tain, on a quand même réenregistré la moitié des titres de l’album. Au moins, quand ça sortira, on pourra les assumer jusqu’à notre dernier souffle.
-
Les gens dorment toujours sur Dreyf. Dreyf. Mixtape. 2008. Violence.
-
Bonnes fêtes de fin d’année à tous, on se retrouve de l’autre côté, en 2008. See you in another life brotha !
Week-end Aznavour, suite. On n’était pas retourné en studio depuis le mois de juin. Vous l’avez vu, cette pause de trois mois a été accompagné, pour Dreyf comme pour moi, de pas mal de doutes. Entre les histoires d’autorisation, de lisibilité du projet et ce sentiment usant que le temps avance plus vite que la réalisation du disque, on était un peu paumé. Mais la session studio de dimanche dernier nous a bien remis sur les rails.
On a donc enregistré deux morceaux, qui sont sans doute les plus techniques et denses sur le plan du texte et de l’interprétation pour Dreyf. Le premier est rappé en double-time (traduction grosso modo : deux fois plus vite que la rythmique). Le second est un long couplet de 96 mesures. Contrairement à d’autres séances plus poussives, où on avait du mal à cerner la nature des morceaux qu’on enregistrait (l’un d’entre eux ayant connu trois enregistrements différents), on a réussi cette fois-ci à travailler efficacement. Parmi ses nombreuses qualités, Dreyf en a une qui permet de bien affiner les morceaux : il est constamment à l’écoute des remarques, des conseils pour améliorer ses prises. Vu ma tendance à m’arrêter sur des détails, un rappeur trop orgueilleux m’aurait déjà balancé par la fenêtre. Mais Dreyf, lui, prend bien les choses, et quand je me perd sur de l’anecdotique, il sait aussi me remettre à ma place.
Sur le plan vocal, ces deux morceaux sont très aboutis. Si vous avez connu le Dreyf “Vintage 2005″, je pense que vous allez être surpris. On est dans la lignée de “Comme dans un coin du Bronx”, mais avec encore plus d’urgence dans l’interprétation. C’est côté arrangements qu’il y a maintenant un gros travail à faire. Le morceau 1 (j’ai pas envie de lâcher les titres choisis maintenant), qui risque de se trouver en ouverture du disque, repose sur une structure classique couplet/refrain, mais en écoutant le remix de “Drink N my 2 Step” hier soir, je me suis dit qu’il fallait prendre un peu plus de libertés et se faire plaisir avec des ruptures et des gimmicks. Le morceau 2, à l’inverse, est un titre-fleuve. On était parti pour multiplier les arrangements, mais vu que le couplet est plus une performance qu’une narration (quoique), je pense que le beat doit rester un simple support, avec quelques détails parsemés ici et là, plus pour appuyer certaines rimes que pour accompagner le flux musical.
Evidemment, notre retour à un bon karma a ses limites : j’ai oublié le CD avec les acapellas à Paris, ce qui signifie que je ne pourrai me lancer sur les arrangements qu’à partir de demain. On applaudit Catharsis. Pendant que j’y pense : je vous avais promis des vidéos du studio… Il y en aura ! Notre équipe multimédia y travaille. Et je vous raconterai aussi la séance de dédicace d’Aznavour chez Gibert, mais ne vous attendez pas à quelque chose de très spectaculaire.
1. Ce soir, 20h30 : concert au Palais des Congrès.
2. Demain, 15h30 : Charles Aznavour sera au Gibert de Saint Michel pour une séance de dédicace. J’arrive pas à le croire. Objectif : réussir lui glisser deux mots sur le projet et lui faire signer mon vynile de “Non je n’ai rien oublié”. Merci à Greg pour l’info, sans lui j’aurais passé l’après-midi chez Zara à chercher une veste. J’irai le matin.
3. Dimanche, 14h-22h : in the studio with Dreyf.
Le compte-rendu détaillé de tout ça la semaine prochaine.
C’était une première pour moi et c’était vraiment très cool. Bachir, le co-animateur de l’émission Edutainment, est un grand fan d’Aznavour et, visiblement, ça lui a fait autant plaisir que moi de parler du Grand Charles pendant quelques minutes. Merci à lui ! Dreyf, malheureusement, n’a pas pu participer la faute à un problème technique, mais ce n’est que partie remise. We’ll be back.
Ci-dessous, l’interview dans son intégralité. C’était le samedi 6 octobre 2007, aux alentours de 21h :