LOST AWARDS 2009 : Meilleure actrice

Attention : spoilers saison 5.

Juliet Burke

Les femmes de LOST sont en difficulté.

Kate est réduite à n’être que la timballe à décrocher dans son interminable triangle amoureux avec Sawyer et Jack. A ce stade de la série, les scénaristes auraient du l’affirmer une bonne fois pour toutes comme une femme indépendante. Sa romance passagère avec Jack ne semblait pas crédible, mais pas autant que les regrets évoqués par Jack à la fin de la saison 5 pour justifier son envie de tout faire péter (il faut l’admettre, c’était l’un des pires virages scénaristiques de la saison). Pourvu que les auteurs trouvent une fin rapide à leurs atermoiements, le dernier acte s’annonce trop dense pour s’attarder davantage sur ce pan de l’histoire particulièrement pesant.

Penny, elle, semble être arrivée au bout de son histoire : Ben n’a pas réussi à la tuer, elle est maman, Desmond est vivant et il semble bien décidé à ne plus fuir. Même si j’aimerais que Desmond fasse un come back à la hauteur de son personnage dans l’ultime saison, je dois admettre qu’il peut désormais se dorer la pilule tranquille sur son voilier – après trois ans sur l’île, il a payé sa dette.

La saison 4 promettait à Sun de devenir la veuve noire de LOST, mais après s’être fait renvoyer dans ses cordes par Charles Wildmore en début de saison, elle a doucement rejoint l’arrière-plan de la série, sans pouvoir prendre part aux événements. Son exclusion encore non-expliquée du voyage temporelle des Oceanic Six reste une énigme à expliquer, mais qui ressemble surtout à une mise au placard.

Reste Juliet. On pourrait lui remettre le prix par défaut, mais Elizabeth Mitchell a gagné un pari pas du tout évident au départ : celui de rendre instantanément crédible son histoire avec Sawyer. Il la suffi de la voir attendant son LaFleur de mari dans une cuisine Dharma pour y croire sur le champ. Son sourire, ses gestes et son calme olympien ont sonné juste à chaque plan. Bonus : les tourtereaux ont même livré LE grand moment d’émotion de la saison 5, lors de la chute mortelle de Juliet au fond du puit dans le season finale. Josh Holloway, dont le jeu repose parfois sur des gimmicks kiffants mais faciles – les surnoms et le regard furibard, entre autres – a fait la scène de sa vie. Il m’a fait penser à Harrison Ford à la fin de “La Dernière Croisade”, quand Elsa tombe dans le vide pour attraper le Graal. C’est dire ! Sa douleur viscérale était indéniable. Juliet, elle, finit sur dix secondes de terreur pure et envoie tout le casting dans le point d’interrogation géant qui conclue la cinquième saison. Si elle doit quitter LOST comme ça – et rejoindre le casting de “V” nouvelle version – elle peut partir tranquille. Sa mission est accomplie.