LOST Awards 2009 : meilleur acteur
Vous n’avez jamais regardé LOST ? Ne lisez pas ce qui suit. Mais vraiment.
Vous n’avez pas encore vu la saison 5 de LOST ? Ne lisez pas ce qui suit, je m’en voudrais vraiment de gâcher votre plaisir.
J’ai tellement envie de raconter des trucs autour de la saison 5 de LOST que je ne saurais même pas par quoi commencer. Si, une petite fierté personnelle : mes pronostics de début de saison étaient plutôt bien formulés aux vues des événements qui ont suivi !
LOST va t’elle devenir pour autant une série au présent ? Ce serait oublier les secousses temporelles de la saison 4 qui annoncent un éclatement des repères chronologiques pour la suite. Désormais dans LOST, passé, présent et futur ne sont plus que des variables entremêlées.
Pas mal Catharsis ! Bref, LOST n’en finit plus de me tuer par son magnétisme dévorant. Aujourd’hui, la série ne semble s’adresser qu’à ceux qui ont su s’accrocher quand elle demandait la plus grande des patiences, et la récompense est à la hauteur des attentes – sérieusement, rien qu’avec la scène d’ouverture du season finale, il y aurait de quoi écrire une thèse.
Pour fêter dignement le cru 2009 de la meilleure série du monde, les traditionnels LOST Awards vont prendre la forme d’une série de billets récapitulatifs que j’espère réguliers. Leur vocation, je précise, est avant tout de m’aider à faire sortir de ma tête tout ce qui me hante autour de l’île pour pouvoir retrouver un semblant de vie normale. Heureusement, j’ai tout mon temps : la saison 6 ne devrait commencer qu’en février 2010. D’ailleurs, profitons-en : il nous reste une saison. Une seule. Mon Dieu.
LOST Awards 2009 : Meilleur acteur

Jeremy Davies (as Daniel Faraday)
Il est désormais acquis que Terry O’Quinn et Michael Emerson sont les deux acteurs les plus brillants de LOST : Terry O’Quinn a encore une fois été remarquable dans la peau de John Locke (façon de parler), toujours secoué entre la conviction d’être un héros et le triste constat d’un destin pathétique. Quant à Benjamin Linus, il a rappelé dans sa dernière scène pourquoi il était au-delà de toute compétition. Le titre revient donc au personnage-clé de la saison 5 : Daniel Faraday.
Au départ, j’avais du mal avec Faraday. Avec sa manie de ne jamais finir ses phrases, le scientifique souffreteux avait quelque chose de frustrant, voire d’énervant. Acheminé sur l’île avec trois collègues pour alimenter les intrigues annexes de la saison 4, l’acteur Jeremy Davies donnait alors la fâcheuse impression de débarquer tout droit du “Solaris” de Soderbergh, dans lequel il jouait déjà dans le même registre geek et vaporeux.
Mais je dois reconnaître que cette année, la performance de l’acteur était au diapason des enjeux cruciaux portés par son personnage dans les avancées narratives de la saison 5. Si l’on y réfléchit bien, Daniel Faraday est le premier héros à apparaître à l’image dans l’épisode d’ouverture, c’est lui qui a la douloureuse mission de formuler les bourrasques temporelles qui agitent l’île – le concept du disque rayé est d’ailleurs brillant – et c’est encore lui qui emmène la saison 5 vers son explosion nucléaire finale. De second rôle curieux, Jeremy Davies est devenu l’une des personnalités maîtresses de LOST, comme Henry Ian Cusick et Michael Emerson avant lui. Et en plus, il a le chic pour réussir à se montrer plus jeune qu’il ne l’est vraiment - ce qui, dans une série comme LOST, peut s’avérer très utile.
Par son souci de pédagogie malgré la panique (“You have to go back to Oxford University”), Daniel Faraday était un peu celui à qui on s’accroche quand on ne capte plus rien. Surtout, le scientifique a eu droit à deux scènes symétriques parfaitement interprétées : la mort de Charlotte dans l’épisode “This place is death”, et sa propre mort, terrible, dans “The Variable”.
Même si son amour pour Charlotte avait quelque chose de fraternel – voire d’incestueux – son impuissance face à sa mort était l’un des grands moments d’émotion pendant la saison 5. Charlotte, il faut dire, a livré là une série d’incohérences verbales assez fascinantes, doublées d’une révélation-choc à tomber par terre quand elle annonce à Daniel Faraday qu’elle l’avait déjà rencontré pendant son enfance. Et qu’il l’avait terrifié en lui ordonnant de ne jamais revenir sur l’île.
Et puis il y a la scène incroyable de sa mort, bouleversante de cruauté : Faraday, manipulé et assassiné par sa propre mère. Les scénaristes n’ont laissé qu’une poignée de mots à Jeremy Davies pour faire ses adieux, il en fait l’une des répliques les plus déchirantes de l’histoire de LOST (“You knew, you always knew“). Grâce à l’interprétation remarquable de l’acteur, Daniel Faraday est devenu, comme Sayid, l’un des grands martyrs de la série, sacrifié pour avoir provoqué l’inéluctable en croyant l’empêcher.
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