LOST, saison 5 : les enjeux

Attention : spoilers.
Dieu que le temps passe vite. Voilà huit mois qu’on l’attendait, et pourtant ça y est, c’est pour demain : la saison 5 de LOST va commencer sur la chaîne ABC. Un récapitulatif, d’abord (titré “Destiny Calls”) puis un two-hour season premiere avec deux épisodes aux titres prometteurs : “Because you left” et “The Lie”.
Lecteurs de ce blog, inutile de vous le rappeler : la saison 4 de la nébuleuse série était une réussite totale. Un modèle de concision, un sens du timing redoutable, de véritables coups de grisou scénaristiques : en tenant fermement la mystique de la série dans le creux de leur main, les scénaristes de LOST ont signé 14 épisodes à flux tendu. Mieux : ils ont su en élaguer les nombreux points d’interrogation sans sacrifier pour autant son abyssale complexité.
“LOST est sur la voie royale” écrivait un journaliste enthousiaste à la fin de la saison dernière. Il avait raison, mais ce carton-plein est suivi d’un doute : et si la réussite de la saison 4 était la peau de banane sur laquelle glisserait la saison 5 ? En instaurant le procédé des flash-forwards, les auteurs se sont offerts un chapelet de révélations-choc – Sun et Wildmore ! Aaron et Kate ! Ben et Sayid ! – mais ce qui était le futur dans la saison 4 est désormais le présent de la saison 5. Après avoir magistralement définis les nouveaux enjeux de LOST, les auteurs doivent réussir – un peu comme Robert Zemeckis dans “Retour vers le futur 2″ – à revenir sur les acquis de la saison 4 pour leur donner une nouvelle dimension.
A 34 épisodes de sa fin programmée, LOST se rapproche donc à grand pas de dernier défi : aller au bout de sa mythologie sans avoir recours aux flash-backs (épuisés pour les personnages historiques) ni aux flash-forwards (le futur est une promesse qui n’a plus lieu d’être quand tout s’arrête). LOST va t’elle devenir pour autant une série au présent ? Ce serait oublier les secousses temporelles de la saison 4 qui annoncent un éclatement des repères chronologiques pour la suite. Désormais dans LOST, passé, présent et futur ne sont plus que des variables entremêlées. Ayons confiance : les scénaristes ont sans doute déjà trouvé leur constante.
A suivre pendant la saison 5 :
› Charles Widmore : son échange glacial à la fin de l’épisode 9 (The Shape of Things to Come) sous-entend son immortalité et une longue histoire commune avec Ben. Vite, un épisode flash-back !
› Richard Alpert : VRP des Natifs, éternel jeune homme, Richard a prouvé son importance en trois petites apparitions : avec Juliet dans “Not in Portland”, Ben dans “The Man Behind the Curtain” et Locke, bien sûr, dans l’incroyable “Cabin Fever”. Il est temps d’en savoir plus sur lui.
› Les presque-morts : Claire et Charlie sont passés de l’autre côté, mais pourquoi Claire est-elle restée parmi les vivants pendant un interstice de quelques heures ? Miles et ses talents de médium pourraient apporter des éléments de réponses.
› Daniel Farraday : un peu agaçant à force d’atermoiements, le scientifique timoré porte quand même un vrai enjeu personnel : la destruction progressive de ses facultés mentales. La relation avec sa “constante” Desmond laisse présager de nouvelles migraines spatio-temporelles.
› Matthew Abbadon : au service de Wildmore, l’ombre longiligne d’Abbadon a plané sur toute la saison 4. Il semble être, à l’instar de Richard Alpert, très intéressé par Locke, et ce bien avant le crash.
› John Locke : est mort ! La saison 5 devrait nous expliquer comment, et aussi pourquoi le chauve charismatique s’est fait rebaptisé Jeremy Bentham avant d’atterrir dans ce cercueil.
› Penelope Widmore : doit mourir ! C’est Benjamin Linus qui l’a promis à son père, Charles. Présent dans l’équation : Sayid, éxécutant de basses besognes pour Ben et potentiel assassin de la belle. Desmond n’a pas fini de faire la grimace.
› Jacob : l’homme de la cabane – mais est-ce un homme ? – est entouré de tellements de questions qu’on ne sait plus vraiment laquelle poser en premier. Inéluctable, sa grande révélation se doit de clouer les spectateurs à leur siège. Mais connaissant la cruauté des scénaristes, il faudra peut-être attendre la saison 6 pour découvrir le visage du magicien d’Oz de LOST.
21.01.2009
EN même temps oui et en même temps ils nous l’ont mise profonde avec les chiffres par exemple… enfin jusqu’ici. C’est le genre de trucs primordiaux du début de série dont on a plus aucun enouvelle après que ca ai presque constitué un enjeu de base.
Ceci dit je suis boouillant de voir ça, j’aurais pas tilté sans ton blog que c’est ces jours ci. Et billet bien agréable a lire, je sais pas si tu les mate 10 fois chaque mais c’est instructif même quand on les a vu.
21.01.2009
C’est vrai qu’avec les nombres, on s’est un peu retrouvé comme Locke dans la saison 2 : on doit composer avec eux sans vraiment savoir pourquoi. Celà dit je pense qu’il y aura une explication tôt ou tard (d’ailleurs je crois qu’il y a eu plusieurs révélations à ce sujet dans les jeux parallèles à la série sur le net). Dans la saison 4, il y a un moment mortel où, pendant une partie de Risk, Sawyer dit une phrase à double-sens : “Australia is the key to the whole game”. Et c’est en Australie que les chiffres ont leur origine, d’après Hurley. Donc il y a peut-être une piste de ce côté-là…
Sinon, je voulais me faire les 4 saisons d’affilée avant d’entamer la 5 mais j’ai pas eu le temps ! Mais ça doit être un bon truc à faire pour bien tout ressituer.
21.01.2009
http://www.dailymotion.com/relevance/search/hanso/video/x26tlz_alvar-hanso_news
cette vidéo, considérée comme “canonique” par les scénaristes, en dit un peu plus sur les chiffres. Elle fait partie d’un jeu autour de la série, diffusé entre les saisons 2 et3.
21.01.2009
Ta parenthèse sur RETOUR LE FUTUR 2 m’a intrigué. J’attends l’article à ce sujet.
21.01.2009
Ce qui est très fort, c’est que l’Australie est effectivement la clé de Risk. Mes victoires parlent pour moi.
21.01.2009
Mes défaites parlent pour lui.
21.01.2009
Merci pour la vidéo que je ne connaissais pas, j’ai immédiatemment été replongé dans l’ambiance comme si j’en avais maté 3 avant et que j’allais encore en mater 3après. Parfait avant de découvrir la 5 !
25.01.2009
Yacine-
je vais peut-être pas en faire un article, mais en gros, “Retour vers le futur 2″ aurait pu faire 2 heures d’action en 2015, avec les effets numériques, les hoverboard et tout… Mais le truc qui tue de la part des scénaristes, c’est de renvoyer tout le monde en 1955 pour les confronter à l’action du 1e film (le bal, Chuck Berry, Marty dans la voiture avec sa mère, etc.). Dans LOST, c’est la même chose, mais puissance 1000. Et je suis ravi de voir que le premier épisode de la saison 5 part complètement dans ce délire.
24.05.2009
[...] Rappelez-vous : LOST va t’elle devenir pour autant une série au présent ? Ce serait oublier les secousses temporelles de la saison 4 qui annoncent un éclatement des repères chronologiques pour la suite. Désormais dans LOST, passé, présent et futur ne sont plus que des variables entremêlées. [...]