Random Track #2 : Malik Sealy

En NBA, les basketteurs ne meurent jamais. Et ils ne peuvent pas vieillir. A ce jour, j’ai encore du mal à croire qu’un Sam Cassell – tout juste champion avec les Boston Celtics – a 14 ans de carrière dans les pattes. Pour moi, il est encore “le rookie des Rockets“, comme le titrait Mondial Basket dans le tout premier numéro que j’ai acheté. C’était en 1994. Dans mon monde, Robert Parrish est le plus vieux joueur en activité et Kevin Garnett est ce lycéen qui vient de signer un contrat-monstre avec les Minnesota Timberwolves. Pourtant, les basketteurs vieillissent. Et ils meurent aussi.

Malik Sealy vivait la huitième année de sa carrière quand il est décédé dans un accident de la route, le 20 mai 2000. C’était un joueur solide dont j’ai peu de souvenirs, le genre de mec que je voyais changer de maillot d’une année à l’autre sur mes cartes Upper Deck. Il avait été drafté par les Indiana Pacers avant de partir aux Clippers, puis aux Pistons, avant de rejoindre Minnesota. Un hasard un peu morbide a voulu qu’il meurt quelques mois après Bobby Phills, un autre col bleu de la ligue, victime lui aussi d’un accident de voiture.

Malik Sealy avait participé à la compilation “B-Ball’s best Kept Secret”, un album qui réunissait la plupart des basketteurs-rappeurs de l’époque, Shaquille O’Neal en tête. Il y avait aussi Dana Barros, Cedric Ceballos, Jason Kidd, le gros Dennis Scott et quelques autres. A l’époque, je ne savais pas que les producteurs de l’album étaient notamment Warren G. DJ Alamo (Brand Nubian), QDIII, Clark Kent, Diamond D et Ant Banks – pour être honnête, je viens de l’appendre (merci Internet). J’aurais bien du mal à avoir un avis critique sur cette compil’, car c’est l’un des tout premiers albums de rap que j’ai écouté, et vu que Warren G produisait un morceau – celui de Ceballos – c’était forcément bien (“Regulate… G-Funk Era” est aussi l’une de mes toutes premières découvertes au rayon rap). Quand on a trois cassettes de rap américain à écouter, on se trouve facilement des classiques pour la vie.

‘Lost in the sauce’, le morceau de Malik Sealy, était l’un des meilleurs moments de “B-Ball’s Best Kept Secret”. Une basse, une guitare, un saxo, un break-beat : la prod’ aurait été bien pu se trouver une place sur l’album “Illadeph Halflife” de The Roots. Malik Sealy y rappait sobrement, sans trop déborder de la rythmique, et sortait facilement du lot par rapport aux autres invités de la compil’. Reste que 14 ans plus tard, son optimisme tranquille (“I’ve got a bright future ahead of me and many people know this“) prend une tonalité bien sombre. En NBA comme ailleurs, le temps est décidément cruel.

Malik Sealy – Lost in the Sauce (“B-Ball’s Best Kept Secrets”, 1994