Random Track #1 : Da Backwudz

Au fond, les classiques du hip-hop, c’est une notion un peu surfaite. Rien de tel qu’un bon vieil album de série B, plein de remplissage et de singles ratés. Avec, en plein milieu, ce petit miracle qui sauve l’album. Ce titre mortel dont vous êtes incapables de dire si c’est un heureux accident, un éclair de génie ou la preuve que l’artiste aurait pu faire tellement mieux s’il avait pris la peine de se concentrer.

Voilà donc une nouvelle série pour ce blog, un an après l’inoubliable Les Morceaux Parfaits. Le principe est à peu près le même : des titres anecdotiques qui deviennent des chefs d’oeuvre absolus parce que j’en ai décidé ainsi. Si tout va bien, je posterai un morceau par semaine.

Pour commencer, voilà un morceau de Da Backwudz, deux mecs de Géorgie qui ont sorti leur premier (et unique) album, “Wood Work”, en 2005. Leur délire (et leur nom de scène) était pas mal : j’ai le souvenir qu’ils portaient notamment des bijoux en bois pour se distinguer de leurs collègues rappeurs. D’une façon assez irrationnelle, le duo a eu droit à un budget confortable pour clipper le violentissime single “I don’t like the look of it”, un mélange bizarre de bounce sudiste avec un sample de “Charlie et la Chocolaterie”. A l’époque, Da Backwudz étaient les protégés de Dallas Austin, ex-producteur tout puissant qui, un an plus tard, s’est fait arrêté à Dubaï avec un gramme de cocaïne. Il a failli avoir droit à 4 années de prison ferme avant d’être gracié in-extremis par le Roi. Pour la petite histoire, Dallas Austin se rendait à l’anniversaire de Naomi Campbell (j’adore ce genre de trucs). Depuis, on n’a plus trop entendu parler des Backwudz. Pire, le duo s’est vu réduit à faire sa promo dans la section commentaires des blogs du site xxlmag.com – à côté, poster des flyers sur des pages Myspace est le luxe absolu du marketing.

Da Backwudz me fait penser à tous ces petits groupes un peu décalés qui évoluent dans le sud des Etats-Unis, comme Nappy Roots ou Field Mob. Des groupes qui, après des débuts prometteurs, n’ont jamais réussi à s’imposer comme des entités fiables sur la scène nationale, ni vraiment entretenir une base de fans fidèle à l’échelon local ou régional (celà dit, n’étant pas sur place, l’information reste à vérifier). Le constat, c’est aussi qu’OutKast a eu un rayonnement si fort à une époque qu’aucun autre groupe du même accabit n’a pu développer sa propre identité dans l’oeil du grand public. Dommage.

J’ai dépoussiéré l’album “Wood Work” récemment, et ce n’est pas tout à fait le classique méconnu que j’aurais aimé entendre. Par contre, il y a par contre un petit titre très cool sur la fin du disque qui sample “King of Sorrow” de Sade. Et tout le monde sait pertinemment que “sample de Sade” = Bonheur. Ca s’appelle “Same song”, et j’ai du me le passer cinq fois d’affilée tellement le refrain me faisait kiffer. Enjoy :

Da Backwudz – Same song (“Wood Work”, 2005)