4 moments de LOST saison 4
ATTENTION ! Je dévoile dans cet article de nombreux éléments de la saison 4 de LOST. Si vous ne voulez pas que je vous gâche le plaisir de découvrir l’une des Plus Grandes Créations de l’Histoire de l’Humanité, fuyez. Maintenant.
En bouclant la saison 3 sur une pirouette narrative absolument stupéfiante, les scénaristes de la série LOST ont réussi à un grand coup (imaginez un dunk depuis les lancers-francs qui ferait gagner une équipe à la dernière seconde d’une finale NBA) et se sont mis une sacrée pression pour la suite. Car l’idée d’inverser la chronologie des événements (exit les flash-backs, place aux flash-forwards) était à la fois brillante et risquée : d’un côté, elle assure aux auteurs la possibilité de décupler les enjeux dramatiques de la série, et de l’autre elle leur impose des barrières narratives qui les obligeront tôt ou tard à nous donner toutes les réponses.
Diffusée à partir du 31 janvier 2008 aux Etats-Unis, la saison 4 a commencé timidement. Les épisodes 1 et 2, bien que réussis, ressemblaient plutôt à des échauffements, le temps de parachuter (littéralement) les nouveaux personnages sur l’île. Mais dès le magistral épisode 3 – Sayid déchire – LOST est entré en hyper-espace. Bonne nouvelle : avec un nombre d’épisodes réduits (14 au lieu de 22) la série gagne en intensité. En huit épisodes, il y a déjà eu plus de retournements de situations spectaculaires et de scènes mémorables que sur l’ensemble de la saison 3 qui, pourtant, était une réussite. A mi-parcours, on frise le sans-faute, et les scénaristes semblent prendre un plaisir fou à jouer avec la chronologie présent-passé-futur pour mieux nous déboussoler. En attendant la suite, voici donc 4 grands moments de la saison 4 de LOST. Je précise que j’en ai choisi 4 pour la symbolique du nombre, mais j’aurais très bien pu en prendre 8, 15, 16, 23 ou 42.

1. Episode 1, “The Beginning of the End” : scène d’ouverture
Le calme. La mer. Des fruits. Le ciel bleu. Et une voiture de sport en pleine course-poursuite qui fait voler le tout en éclat au milieu d’une grande ville. Première illusion. Le message est clair pour les spectateurs : méfiez-vous des apparences. Deuxième illusion : l’apparition d’un Jack propre sur lui et rasé de près. De son appartement, il regarde la course-poursuite filmée par des caméras de télévision. Après l’avoir vu barbu et suicidaire dans le dernier épisode de la saison 3, on se dit qu’on a affaire à un bon vieux flash-back. Sentiment conforté par la troisième illusion : la réplique d’Hurley aux policiers qui mettent fin à sa fuite motorisée (“Don’t you know who I am ?“). Persuadés d’être dans le passé, on se dit que Montezuma va annoncer aux flics qu’il est le millionaire du Loto. Et c’est là qu’il sort LA réplique-référence de ce début de saison : “I’m one of the Oceanic Six !“. Rideau, générique, frissons. Bienvenue dans la saison 4.
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2. Episode 6, “The Other Woman” : 13′32 – 14′42
Le cabotin dans toute sa splendeur. On avait vu Benjamin Linus dans la peau de la victime ambigue, on le sait chef de tribu manipulateur, et on le découvre dans la saison 4 amoureux malade et possessif. Flash-back de Juliet : Ben est à ses côtés pour faire le point sur ses analyses des femmes enceintes sur l’île. Il l’écoute d’un air absent et attentif qui déstabilise la doctoresse. L’amant de Juliet, Goodwin, débarque à l’improviste dans le laboratoire. Sourire Colgate aux lèvres, il lui propose de partager son repas avec elle. Le moment le plus hilarant de toute cette saison 4 se passe dans les yeux de Ben, qui fixe alors un point dans le vide pendant une demi-seconde, se raidit imperceptiblement et replonge son regard perçant dans le microscope. Imparable.

3. Episode 5, “The Constant” : 27′27
Desmond pourrait passer le reste de sa vie à appeler les gens “Brotha” et à employer l’adjectif “bloody” qu’il resterait quand même le personnage le plus attachant de la série. Son épisode central est crucial non seulement car il lève le voile sur l’un des grands mystères de l’île, mais aussi parce que, pour la première fois, un personnage est projeté au coeur de son propre flashback pour en devenir partie prenante. Si les paradoxes temporels marty mcflyesques demandent encore pas mal d’éclaircissements (si Desmond va en 1996, pourquoi a-t-il tout oublié huit ans plus tard ?), “The Constant” s’impose comme l’épisode-clé de cette saison 4. Grand moment : ses retrouvailles téléphoniques avec Penny, mais aussi cette réplique géniale de Desmond à Daniel Faraday, au moment où il décide d’appeler sa dulcinée pour nouer contact avec elle en 1996. Le voyant décrocher son téléphone, le scientifique lui demande ce qu’il fait. Réponse de Desmond, accent écossais et regard de cocker inclus : “I’m calling my bloody constant !“. Royal.

4. Episode 4, “Eggtown” : 41′36
On le voit venir à trois kilomètres. On le devine dans la réticence qu’a Kate à prendre Aaron, le bébé de Claire, dans ses bras. On soupçonne la fausse piste en la voyant roucouler avec Sawyer. Quand les dernières minutes de l’épisode s’égrénent, on sait que les auteurs vont devoir finir sur un coup d’éclat. Nous sommes dans un flash-forward, et quand Kate rentre chez elle pour retrouver son enfant qu’elle a protégé des regards pendant tout son procès, on sait. Ce gosse n’est pas le sien, mais bien celui de Claire. Les dernières secondes de l’épisode se déroulent avec un mélange d’excitation (“si c’est bien ce que je pense, ça tue“), d’interrogation (“qu’est-ce qu’ils vont faire à Claire ces salopards ?“) et d’auto-satisfaction (“j’ai grillé les scénaristes, je suis trop fort !“). Il y a quelque chose de surpuissant pendant cette ultime seconde où Kate lâche la réplique-révélation “Hi Aaron” en le prenant dans ses bras. Ce tout petit interstice pour placer une bombe atomique. Un dunk depuis les lancers-francs qui ferait gagner une équipe à la dernière seconde d’une finale NBA. LOST, quoi.
Reprise le 24 avril.
06.04.2008
Ca tue. J’ai lâché LOST au début de la saison 2 mais j’ai quand même envie de rester au courant (histoire de ne pas être largué dans les dîners en ville). Merci pour ces résumés passionnés.
07.04.2008
Belle esquive du myspace sunday.
Mais comme c’est pour Lost…
08.04.2008
Héhé, j’sais pas si j’vais continuer les Myspace Sundays, ça commence à m’saouler.
14.04.2008
Ca faisait un moment que j’étais pas passé par ce blog!
Et je ne peux qu’approuver, ce début de la saison 4 de Lost déboite. Et j’approuve (bis) au fait que Desmond est le personnage le plus attachant de la série. D’ailleurs le binome ex-militaire qu’il forme avec Sayid sur le bateau réserve quelques surprises je pense.
Dans les moments forts, j’aurais aussi mis la confusion créée dans l’épisode sur Sun et Jin
14.04.2008
Ha, l’épisode avec Sun et Jin… C’est vrai qu’il avait sa place… Tu sais que j’ai encore un doute sur la chronologie dans cet épisode : y a une partie de moi qui se dit que Jin a refait sa vie quelque part et que son flashback n’en est peut-être pas un (alors que ça n’a aucun sens !).
Dans les autres grands moments, j’ai adoré la scène où Locke fout une grenade dans la bouche de Miles. Pour moi, la saison 4 de John a commencé pile à ce moment-là.
L’apparition de Tom dans l’épisode 8 est mortelle aussi.
(Continuez à poster des commentaires s’il vous plaît, ça me donne des prétextes pour continuer à dérouler sur le sujet)