Archive pour mars 2008

25 titres pour un ami

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Le principe L’avantage d’un blog, c’est qu’on peut se permettre des billets hyper-nombrilistes dans lesquels on raconte des trucs complétement anecdotiques mais qui nous font plaisir. L’autre jour, donc, mon pote Nico m’a demandé de lui mettre de côté quelques morceaux qui me plaisent. Il aurait du se méfier. Voilà ma sélection :

01. Sébastien Tellier – L’amour et la violence
Je ne suis pas encore sûr que je vais aimer son dernier album (chanteur épanoui = risque) mais ce titre qui clôt “Sexuality” est d’une finesse remarquable. Et les interviews du bonhomme défoncent.

02. Crystal Castles – Untrust us
Idée d’accroche pour le sticker : “Quand “Sweet Lullaby” rencontre “Blade Runner”“.

03. Shyne – Shyne
Details matter : le bruit de formule 1 à la quatrième seconde. Si un type doit sauver le rap new-yorkais en 2009, c’est Shyne. Arrogant, nonchalant, violent, nihiliste : le pack complet.

04. 50 Cent ft. Lloyd Banks & Tony Yayo – Be good to me
Kill yourself ! Come on, kill yourself !! Go on to the bathroom, open the cabinet and eat the pills !“. Imparable. Le jour où 50 Cent fait tout un album en ne racontant que des conneries, j’achète.

05. Playaz Circle – Paper Chaser
Meilleur refrain des deux dernières années. Pas étonnant que 50 Cent l’ait vampirisé sur sa mixtape.

06. Lil’ Wayne – A milli
J’aimerais que Dwayne ne puisse plus s’arrêter de rapper après ce morceau et enregistre tout son album dans la foulée.

07. Trackademicks – Grocery Bill
Je sais pas ce que deviennent ces types, mais vu ce morceau, ils méritent au moins la hype des Cool Kids. Leurs prods sont incroyables.

08. AaRON – Lost Highway
A un moment, le chanteur dit “It’s not your fault, you could have make it.” Je sais pas ce qu’il dit avant ou après, mais ça me parle. Allez savoir.

09. Will.I.Am – Heartbreaker
Le son qui accélère sur les huit premières mesures me tue à chaque fois. J’ose (c’est seulement la onzième fois) : ce morceau est parfait.

10. U-N-I – Beautiful day
Le choix le plus sûr de ma sélection pour Nico (vu ce que je lui fais subir ensuite, il appréciera). Pour une fois que des rappeurs réussissent à capturer le son d’une époque sans tomber dans le piège de la nostalgie, ça fait plaisir.

11. The Knife – Silent Shout
Détrompez-vous, j’ai des goûts très éclectiques. Et personnels. (merci Pitchfork)

12. Trey Songz – Wonder Woman
La mort incarnée. J’adore la façon dont Trey Songz place la signature “Danja” juste avant son couplet. Leslie fait pareil en disant “Kore” dans sa reprise de ‘Tes états d’âmes Eric’. J’aime Leslie.

13. The Dream ft. Young Jeezy – I luv your girl (remix)
Pour info, The Dream est le mec qui a écrit “Umbrella” de Rihanna. Le plaisir qu’il semble prendre à jouer avec ses petits bruitages et ses harmonies sucrées est carrément communicatif. J’aimerais le voir bosser.

14. Witchdoctor – Dez Only 1 (feat. Andre 3000 & Big Boi)
J’ai toujours un mal fou à trouver les mots pour définir ce qui me plaît tant dans le son Dungeon Family. Mais si je devais résumer, tout serait dans ce morceau.

15. N.O.R.E. – Cocaine Cowboys
‘Cocaine Business’, ‘Nuthin’, ‘Cocaine Cowboys’ : trois fois par décennie, Noreaga pond un énorme classique intemporel. Et deux fois sur trois, il y a le mot “Cocaïne” dans le titre.

16. Stanislas – La Belle de mai
Details matter (bis) : “Il nous attend, le beau requin blanc“. J’imagine qu’il parle de l’Amour – ça Tue.
Note : S’il parle d’autre chose, effacer le morceau de la sélection.

17. Jens Lenkman – Sipping on the sweet nectar
Un matin, je me réveillerai, j’ouvrirai les fenêtres et devant moi il y aura la Méditerranée. J’écouterai ce morceau.

18. James Deano – Le Riz sauce Rien
Une machine à tube. Ca doit être un vrai bonheur de filer un son à ce mec et d’écouter le résultat une fois qu’il a posé. Dans le deuxième couplet ses intonations sont mortelles.

19. Fabolous ft. Raekwon & Ne-Yo – Make me better (remix)
[Aparté : j'ai peut-être un peu forcé la dose en R'n'B]
J’adore cette idée du passage de relai entre la prod de RZA pour ‘Rainy Dayz’ et celle de Timbaland. Fabolous est le meilleur rappeur de série B de l’Histoire. Tiens, j’aurais du mettre ‘In my hood’ à la place.

20. Juelz Santana ft. Young Jeezy, Fabolous, Cassidy – I’m a boss
J’ai jamais du écouter ce morceau d’une oreille attentive, mais le sample distordu déboîte. J’avais jamais capté le sample vocal qui dit “Boss” en fond. Cool.

21. 50 Cent – Smile
Are you gonna miss me when I’m gone ? Are you just gonna forget about me ? I meant nothin to you ? Is that what you sayin to me ? Cause you breakin’ my heart… Hahaha… I mean, you’re really breakin’ my heart.“. Ca y est, 50 Cent a tombé le masque. Sur l’ensemble de sa carrière, ça représente une seconde.

22. Rich Boy – Let’s get this paper
L’accent de Rich Boy. Les congas en fond. Les choeurs. Le pont de Polow da Don. Un classique.

23. Sébastien Tellier – La Dolce Vita
[insérer l'habituel sous-entendu post-rupture ici]

24. Pierre Lapointe – Tous les visages
Wow, sur les trois derniers sons, je plonge complétement. Pauvre Nico. Les voix secondaires qui se superposent sur le refrain sont magnifiques.

25. Clint Mansell – Together we will live forever (“The Fountain” OST)
Règle d’or d’une bonne compil’ : toujours finir sur le morceau le plus déprimant possible.

Note pour moi-même : ne faire plus que des billets hyper-nombrilistes dans lesquels je raconterais des trucs complétement anecdotiques mais qui me font plaisir.

Qui a dit “Tu fais ça depuis un an, connard” ?

Myspace Sunday vol. 13

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‘Enter 77′, en écoute sur www.myspace.com/catharsisbeatz

Et si j’écrivais mieux que Lionel Florence ?

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C’est la question cruciale que se pose Kery James dans ‘A l’ombre du show bizness’, sa collaboration tant attendue avec Charles Aznavour. En invitant Le Grand Charles sur son nouvel album, l’ex-Ideal J a donc plié : pas de morceau sur l’Amour (gasp !), pas d’introspection, mais un argumentaire enflammé sur le thème “Oui, les rappeurs sont aussi des artistes“. Il fallait s’y attendre : en se mesurant à Aznavour le temps d’un titre, Kery James n’a pas pu échapper à l’éternel complexe d’infériorité du rappeur face à la “vraie” musique. Les mots “art” et “poésie” sont omniprésents, et Kery brandit les Victoires de la Musique comme une pomme de discorde, avec un mélange confus d’envie et de rejet (“Combien de temps vont-ils se partager les Victoires de la Musique ? On s’en fout…“). Dès la première mesure de ce morceau placé en fin d’album, Kery assène : “Ils tentent d’étouffer notre art, faut être honnête, ils refusent de reconnaître qu’en ce siècle les rappeurs sont les héritiers des poètes“. Retour dix ans en arrière, “Le Combat continue”, dernier morceau, première mesure : “J’aurais voulu être un artiste (mes couilles) j’aurais voulu être un mec riche, et lorsque je m’adresse au public faut pas qu’je triche“. Autres temps…

Jamais à l’abri de ses contradictions, Kery James fait quand même plaisir : il lit ce blog ! Hé ouais, entre mélancoliques, on s’comprend. Non, en vrai, Kery James s’en tape complétement mais il a quand même retenu malgré lui une partie de mes conseils : sur le morceau, Aznavour ne fait pas de gros refrain, mais une simple conclusion parlée. Côté production, pas de simagrées, c’est bien des pianos et des violons, avec de bonnes envolées dramatiques pour accentuer l’interprétation exorbitée de Kery. Charles Aznavour fait donc sa discrète apparition après le dernier couplet : groupie comme je suis, j’aurais aimé qu’il nous livre une ou deux vérités universelles du genre “Ne cultive pas les regrets car on ne récolte jamais que les sentiments que l’on sème“, mais finalement son court monologue complète le texte de Kery James et lui donne un relief assez émouvant. Aznavour a l’allure d’un vieux chêne millénaire qui dispenserait de sages conseils à un jeune égaré, et sa tempérance apporte un bel apaisement à son hôte, d’autant que Kery James injecte une telle passion à son interprétation qu’il donne l’impression de rapper depuis une cellule capitonnée. Mais en donnant à Aznavour le dernier mot de l’album, il fait un choix humble et judicieux. Plus qu’un simple featuring, Charles Aznavour est ici presque narrateur, voire caution morale de tout l’album. Mathilde Seignier doit faire la gueule.

Bon, évidemment, je vous cache pas que ça me fait un pincement au coeur de savoir qu’un album de rap français se termine sur la voix d’Aznavour. Sur le coup, on s’est un peu fait griller mais cette collaboration-événement n’aura à mon avis pas de suite (j’imagine mal Aznavour faire son Lil’ Wayne et devenir l’invité-récurrent des albums de rap). Et quand notre album sortira – s’il sort un jour – on risque de devenir les mecs qui font comme Kery James, mais c’est pas très grave. Dreyf en a presque fini de sa mixtape, on va pouvoir se remettre au travail. Je sais qu’on risque d’affronter encore pas mal de jours de doutes (mon Dieu, ce blog vient de souffler sa première bougie) mais pour retrouver le droit chemin, je pourrai toujours me réconforter en réécoutant ce morceau imparfait mais touchant, et retenir ces paroles qui, finalement, sont peut-être d’autres vérités universelles :

“Les portes sont fermées, verrouillées, mais elles s’ouvrent petit à petit. Et plus tu y croiras, plus tu pourras, plus tu réussiras, à l’ombre du showbizness.”

Myspace Sunday vol. 12

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He’s back.

Désolé les p’tits potes mais j’ai pas grand chose à vous raconter en ce moment. J’ferai peut-être un point sur la saison 4 de LOST la semaine prochaine parce que c’est important, mais sinon, rien.

Par contre, je fais encore du son, donc tout va bien. Dernière livraison : ‘Shortcuts’, en écoute vous-savez-où.

Note pour moi-même : Je connais un rappeur qui pourrait massacrer ce son. Penser à le contacter.

EDIT : Champagne pour tout le monde, j’ai pu placer cette prod’, je l’enlève du Myspace. Allez Rémi, enlève ton perfecto et viens donc trinquer avec nous.

Myspace Sunday vol. 11

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L’autre jour, sur ma page Myspace, il s’est passé un phénomène étrange : quelqu’un est venu poster un commentaire critique sur mes sons. J’vous jure, pas un remerciement chaleureux de m’avoir comme ami, ni un big up du bout du monde, ni une private joke, ni un flyer à la con, mais une critique. Culotté le mec !

Bon, en fait, il s’agissait de Defré B. a.k.a. Defré Baccara a.k.a. Demande à la SACEM qui est le boss. Excellent producteur qui, à une époque, a fait partie de ce fameux collectif de production appelé Sleepin’ Cell.

Fred, donc, m’a dit :

Putain JB ! Arrêtes de faire le fainéant et vas chercher des kits bien crades ! T’as tout à gagner ;) Au plaisir d’te croiser un d’ces 4.

Il a vu juste, le fourbe ! Les breaks de batterie, ça a toujours un peu été ma kryptonite. Pas mon truc (entre nous, pourquoi s’emmerder à aller chercher du vynile quand Kanye West ouvre “Graduation” sur une grosse caisse isolée ?)*. En plus Fred est redoutable pour très bien les agencer, donc ça m’fout toujours un coup au moral quand j’écoute ses prods. Même chose d’ailleurs avec Circa Diem, dont j’ai pu écouter l’album en avant-première. Nemo, le Remy Bricka du groupe (graphiste, MC, producteur, batteur), est un découpeur de batteries hors-pair, et lui aussi m’a déjà fait la remarque plusieurs fois : I need a break.

Ces derniers jours, donc, je me suis donc fait un petit tutorial d’utilisation de breakbeats. J’ai pris un break très connu (‘Doggone’ par Love, déjà entendu chez Kanye West et Cunninlynguists, entre autres), j’ai serré les poings très fort et je me suis mis au boulot. Le résultat s’appelle ‘Rotten Apple’ et vous pouvez l’écouter juste ici.

* Amis du hip-hop, je plaisante.