In the studio with Dreyf – 28/10/2007

Photo non-contractuelle
Week-end Aznavour, suite. On n’était pas retourné en studio depuis le mois de juin. Vous l’avez vu, cette pause de trois mois a été accompagné, pour Dreyf comme pour moi, de pas mal de doutes. Entre les histoires d’autorisation, de lisibilité du projet et ce sentiment usant que le temps avance plus vite que la réalisation du disque, on était un peu paumé. Mais la session studio de dimanche dernier nous a bien remis sur les rails.
On a donc enregistré deux morceaux, qui sont sans doute les plus techniques et denses sur le plan du texte et de l’interprétation pour Dreyf. Le premier est rappé en double-time (traduction grosso modo : deux fois plus vite que la rythmique). Le second est un long couplet de 96 mesures. Contrairement à d’autres séances plus poussives, où on avait du mal à cerner la nature des morceaux qu’on enregistrait (l’un d’entre eux ayant connu trois enregistrements différents), on a réussi cette fois-ci à travailler efficacement. Parmi ses nombreuses qualités, Dreyf en a une qui permet de bien affiner les morceaux : il est constamment à l’écoute des remarques, des conseils pour améliorer ses prises. Vu ma tendance à m’arrêter sur des détails, un rappeur trop orgueilleux m’aurait déjà balancé par la fenêtre. Mais Dreyf, lui, prend bien les choses, et quand je me perd sur de l’anecdotique, il sait aussi me remettre à ma place.
Sur le plan vocal, ces deux morceaux sont très aboutis. Si vous avez connu le Dreyf “Vintage 2005″, je pense que vous allez être surpris. On est dans la lignée de “Comme dans un coin du Bronx”, mais avec encore plus d’urgence dans l’interprétation. C’est côté arrangements qu’il y a maintenant un gros travail à faire. Le morceau 1 (j’ai pas envie de lâcher les titres choisis maintenant), qui risque de se trouver en ouverture du disque, repose sur une structure classique couplet/refrain, mais en écoutant le remix de “Drink N my 2 Step” hier soir, je me suis dit qu’il fallait prendre un peu plus de libertés et se faire plaisir avec des ruptures et des gimmicks. Le morceau 2, à l’inverse, est un titre-fleuve. On était parti pour multiplier les arrangements, mais vu que le couplet est plus une performance qu’une narration (quoique), je pense que le beat doit rester un simple support, avec quelques détails parsemés ici et là, plus pour appuyer certaines rimes que pour accompagner le flux musical.
Evidemment, notre retour à un bon karma a ses limites : j’ai oublié le CD avec les acapellas à Paris, ce qui signifie que je ne pourrai me lancer sur les arrangements qu’à partir de demain. On applaudit Catharsis. Pendant que j’y pense : je vous avais promis des vidéos du studio… Il y en aura ! Notre équipe multimédia y travaille. Et je vous raconterai aussi la séance de dédicace d’Aznavour chez Gibert, mais ne vous attendez pas à quelque chose de très spectaculaire.
03.11.2007
Rien que pour la légende de la photo, je lâche un com’!
05.11.2007
“Parmi ses nombreuses qualités, Dreyf en a une qui permet de bien affiner les morceaux : il est constamment à l’écoute des remarques, des conseils pour améliorer ses prises.”
J’ai également jamais taffé avec un mec qui écoute autant et recadre aussi efficacement son rap en fonction. Enorme atout.
SInon, bah voilà, pour moi c’est LE genre de billets que j’adore, évidemment puisque je m’y retrouve totalement, mais aussi parce que c’est ce que je n’ai pas réussi a écrire une seule fois sur “Le jeu du pendu” alors que je me l’étais promis.
Je sais pas à combien de gens ça parle ce genre de description de morceaux sans avoir le son, ni si c’est “bon” ou pas pour le morceau (genre les dispositions dans lesquelles ça met l’auditeur, le risque de déception, ou au contraire si ça amène à mieux les apprécier), mais vraiment, j’en lirais des pages.
05.11.2007
Merci ! C’est assez compliqué à aborder ce genre d’article car le narcissisme n’est jamais très loin (il est même tout proche). En plus, j’ai quand même envie qu’il y ait un peu de mystère autour des morceaux alors je peux pas tout raconter !
06.11.2007
Yep.
Bon, après si tu fais un blog pour parler de toi, de vous, de votre projet, faut pu trop penser narcissisme ou pas nan ?, c’est comme un journal donc forcément…
Sinon, entendu 3 tracks de la tape que nous prépare Guile, bah putain…il est en effet trèèès loin le Dreyf de 2005. Entre l’instru et le rappeur, c’est plus le même qui fait sa loi, il les soumet maintenant l’enfoiré !!
10.12.2007
[...] C’est le morceau-fleuve qu’on a enregistré fin octobre et dont j’ai parlé ici. C’est marrant, mais quand Dreyf m’avait fait lire le texte, puis l’avait rappé [...]