C’est pas qu’j'y crois mais j’tâche de transgresser le rien

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Je viens de m’entretenir avec mon rappeur préféré. On a eu une réunion de travail sur MSN. Je sais que vous commencez à vous poser des questions sur notre disque : je préfère vous parler de LOST et de chanteurs tristes canadiens plutôt que d’aborder les détails de la réalisation du skeud. Faut pas m’en vouloir : j’aime bien écrire, et comme on est entre nous, j’me sens obligé de déballer des choses qui me touchent. Un blog quoi.

Il faut dire aussi que Dreyf et moi, on se trouve dans une période de turbulences. Il est aujourd’hui plus ou moins acquis que notre disque ne sera pas “autorisé”. Il fallait s’y attendre, mais c’est une chose à laquelle j’attachais beaucoup d’importance. Aller à la rencontre d’Aznavour, ça avait du sens. C’était notre voyage initiatique, un peu comme le film “Emmenez-moi”, qui raconte comment une bande de types suit Gérard Darmon dans son périple pour rencontrer son idôle. Et comme tout voyage initiatique, c’est pas forcément la destination qui compte, mais ce qu’on a appris en parcourant le chemin. (Je me sens philosophe ce soir, profitez-en, c’est gratuit).

Il y a peu, on était donc à deux doigts de lâcher le projet. On envisageait notamment de partir sur un format d’album plus classique. Mais Dreyf vient de me convaincre : on a suffisament de matière pour sortir un disque cohérent et solide en restant dans les samples d’Aznavour. Et si les Editions Raoul Breton s’en foutent, tant pis. On y va.

Considérez cet album comme l’aventure de deux mecs qui avaient des trucs à sortir d’eux-mêmes. Et si vous avez déjà eu l’impression d’arpenter des routes interminables quand les journées défilent, alors vous comprendrez pourquoi je m’appelle Catharsis.

Retour en studio dans 10 jours.