The Death of Disco

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Il y a deux ans, j’ai interviewé le producteur Disco D pour le webzine abcdrduson.com. Disco D, alias David Shayman, venait alors de produire “Ski Mask Way” sur le deuxième album de 50 Cent, “The Massacre”. Comme d’habitude, j’étais fasciné de voir un relatif inconnu se retrouver parachuté sur un album-blockbuster, et comme j’avais découvert qu’il passait beaucoup de temps sur Internet, je l’avais contacté par e-mail pour faire une interview.

En général, les interviews par e-mail sont laborieuses : il faut un peu de flair et beaucoup de chance pour trouver quelqu’un qui saura gommer la distance de l’écrit et faire l’effort de formuler des réponses denses et précises. A ce jeu-là, Disco D avait été un très bon client : quelques jours après lui avoir envoyé mes questions, l’interview était prête à être publiée. Il m’avait répondu très vite, racontait des choses vraiment intéressantes, et on sentait à la lecture qu’il bouillonnait d’idées et de projets.

En ce temps-là, j’imaginais vraiment que Disco D allait conquérir le monde après avoir placé une prod’ sur un album de 50 Cent. Ca me semblait même évident. Mais je n’ai plus vraiment entendu parler de lui par la suite : l’énorme projet qu’il mentionnait en fin d’interview était en fait l’album de Kevin Federline, échec pop retentissant, et même si son nom est apparu aux côtés de plusieurs artistes réputés par la suite (AZ, Trick Daddy), la success-story espérée n’a pas eu lieu.

Et puis, le 23 janvier 2007, j’ai appris qu’il s’était donné la mort.

Il y a quelques jours, le magazine new yorkais Village Voice a publié “The Death of Disco”, un long article sur la vie et la mort de Disco D. On y découvre un jeune homme fragile, bourré d’enthousiasme et d’angoisse, qui a énormément souffert de voir ses espoirs musicaux s’effondrer un par un. J’imagine que l’auteur, Adam Matthews, devait le connaître personnellement, car la multitude de détails qui jonchent l’article émeut autant qu’elle met mal à l’aise. En interrogeant ses proches, tous très affectés, il s’est immergé dans l’intimité de Disco D pour en ressortir un document d’exception, à l’exact opposé des fantasmes de réussite et d’auto-motivation qui ornent les pages myspace et les unes de magazine. Glaçant.

The Death of Disco [Adam Matthews - The Village Voice]