Les morceaux parfaits (2/10)
Hier soir, France 3 a rediffusé “Le Zèbre”, un film de Jean Poiret inspiré d’un roman d’Alexandre Jardin, avec Thierry Lhermitte et Caroline Cellier dans les premiers rôles. Je n’ai jamais vu ce film, mais je me rappelle assez bien de l’époque de sa sortie. Sans aller fouiner dans ma vieille collection de Première, je dirais qu’il est sorti en 92 ou 93, en été, à l’époque de “Batman 2″ et “L’arme Fatale 3″. Si je devais voir ce film – qui, bizarrement, me fait penser à Didier Kaminka et Grace de Capitani, autrement dit une certaine idée du cinéma français – ce serait uniquement pour vérifier que la chanson du générique de fin est bien “Le Zèbre” d’Alain Souchon. Si c’était le cas, il deviendrait alors le meilleur film de tous les temps.
“Le Zèbre” est le dixième des onze titres de “C’est déjà ça”, gros succès de Souchon au début des années 90. Pour résumer, c’est l’album de “Foule sentimentale”, titre qui avait du être élu “chanson de la décennie” pendant une émission du vendredi soir sur TF1, et qui m’a toujours laissé de marbre : en concert, les gens deviennent dingues quand commence le fameux accord de guitares du morceau, pendant que moi – dans mon coin – je reste prostré en attendant qu’il interprète “La vie Théodore” (j’exagère à peine).
J’ai beaucoup écouté l’album quand j’étais petit, et je l’ai racheté récemment pour compléter ma collection. Verdict ? Même si j’ai du mal à m’attacher aux nombreux singles (“Foule sentimentale” donc, mais aussi “L’amour à la machine” et “Sous les jupes des filles”), l’album est un bon cru, surtout quand Souchon congédie tous ses musiciens sauf le pianiste : dans ce registre, “Les filles électriques” s’inscrit ainsi dans une belle lignée, après “On se cache des choses” (1988) et bien avant “Le marin” (2005).
“Le Zèbre”, donc, frôle la conclusion de l’album, et c’est le seul titre du disque qui ne porte aucune marque du temps passé depuis 1993. Sur des guitares que j’imagine andalouses, Alain Souchon fait ce qu’il fait de mieux : rassembler un minimum de mots sur son carnet et les regarder former une mélancolie abstraite et touchante. Je me rappelle avoir entendu, il y a quelques années, un chroniqueur-télé le taquiner en lui demandant pourquoi il avait employé le mot “géranium” dans “Le pouvoir des fleurs” de Laurent Voulzy. Sacrilège ! C’est justement parce que Souchon emploie des mots comme “géranium” ou “congèles” qu’il réussit à poétiser ce qui passe chaque jour devant nos yeux.
Simply the best (désolé Charles) : Alain Souchon – Le zèbre (1993)
21.07.2007
“pendant que moi – dans mon coin – je reste prostré en attendant qu’il interprète “La vie Théodore” ”
C’est fabuleux cette manière de caser des clins d’oeil à des titres d’Aznouvour sur un blog qui lui est en partie consacré même quand tu parles de Souchon. Moi je dis BRAVO !
27.04.2008
Tu devrais regarder le film avant de penser à Grace de Capitani, ça te ferait peut-être changer d’avis… À moins que tu préfères des films comme “Camping” et là ça te regarde ! J’imagine qu’Alain Souchon n’a pas composé de chanson pour beaucoup de films… C’est peut-être un indice…?