Archive pour juillet 2007

Bob Dylan se fait remixer (décidément…)

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Lu sur le net ce matin : Bob Dylan vient de donner son accord pour qu’un producteur réalise un remix hip-hop d’un de ses titres. Bon, le producteur choisi n’est autre que Mark Ronson, probablement l’un des mecs qui a le plus de connexions dans l’industrie du disque, mais l’info est suffisament intéressante pour être mentionnée sur ce blog. Comme quoi tout est possible !

Legendary singer Bob Dylan recently consented to the first hip-hop remix of one of his classic tracks, after declining several offers in the past.

According to foreign press, the singer has sanctioned Mark Ronson (leading producer in the dance world) to rework his classic song, “Most Likely You’ll Go Your Way (And I’ll Go Mine),” a break-up song from Dylan’s 1996 album, Blonde On Blonde.

With the new remix, Dylan hopes the rework will introduce his work to a whole new generation of teenage fans, despite declining requests to remix the record before.

“It is the first time Bob has agreed to anything like this. We want to bring his music to an audience unfamiliar with Dylan in a similar fashion to the Elvis campaign,” said Mike Smith, managing director of Columbia Records. “We hit on ‘You’ll Go Your Way’ because it already has a great rhythmic breakbeat. It’s also got a timeless, universal lyric…

“It’s not such a familiar song that people will cry, ‘Sacrilege’. It will also confound people’s expectations of Bob, which he has done throughout his career. We hope the fans will see this as an addition to the canon, not a desecration. It’s a new interpretation of Bob’s world and adds to the mystery. We all approached the remix with respect and awe,” he added.

Dylan faced criticism in 1966 when he went electric, and with this new move into hip-hop, many feel it may provoke protest as well.

London-born Ronson is one of the dance world’s most popular DJ/producers. He is responsible for producing music for both Amy Winehouse and Lily Allen, and recently turned a song by The Smiths into a pop hit.

Source : ballerstatus.net

Memorial Day 2008

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Je sais, ça n’a rien à voir, ni avec le rap, ni avec Aznavour, mais il faut que j’aie cette photo quelque part sur mon blog. Et jusqu’à nouvel ordre, mon horloge biologique est réglée sur le 22 mai 2008.

Recueillons-nous un instant :

Les morceaux parfaits (3/10)

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Cette série des morceaux parfaits pourrait vraiment être l’occasion de développer mon image de musicien esthète. Car si, sur ces dix titres, neuf ne plaisent pas aux lecteurs, je risque de passer pour un mec qui n’a aucun goût, et ce serait vraiment dommage pour la suite. Il faut que je fasse gaffe à mes choix.

Et puis en fait, non. Morceau du jour : Eve ft. Swizz Beatz – Tambourine.

Voilà exactement le genre de morceau que j’aimerais produire. Allez savoir pourquoi, quand je fais des prods’, ça se termine souvent dans la mélancolie. Pourtant, ce qui me fait kiffer, c’est un son comme ça : quelque chose d’immédiat, de puissant, d’efficace. “Tambourine” est le premier extrait du nouvel album de Eve, rappeuse télégénique qui revient d’une longue absence discographique. Signée chez Aftermath, elle a eu la bonne idée d’opérer son retour sous la houlette de Swizz Beatz, le producteur qui, comme elle, a été révélé par son travail au sein de l’écurie new-yorkaise Ruff Ryders. Un Swizz Beatz survolté qui domine chaque centimètre de cet énorme single.

J’ai le souvenir d’une interview de Swizz Beatz dans Scratch, dans lequel il disait, en substance : “I like to bang“. Traduction : “quand je suis devant ma MPC, j’aime que ça cogne“. Et c’est ce qu’on ressent à chacune de ses productions : il semble agir uniquement par instinct, sans mettre la moindre réflexion dans sa musique. Comme si les pads de sa MPC étaient directement reliés aux membranes de son cerveau monté sur ressorts. Pour cette raison, Swizz Beatz est l’un des meilleurs producteurs de l’histoire du hip-hop. Pas seulement parce qu’il tient le haut du pavé de la production US depuis une décennie, mais plutôt parce qu’il réussit, par son excitation permanente, à personnifier à sa manière l’énergie du hip-hop.

Si on devait nommer un héritier au Bomb Squad, on citerait peut-être El-P pour se donner bonne conscience, mais Swizz Beatz le mérite tout autant que lui. Si l’on décortique un peu “Tambourine”, on constate que le morceau ne repose que sur une accumulation de fragments sonores – sirènes, contretemps de batterie, cris, sifflets – qui rebondissent les uns contre les autres dans un grand bordel frénétique. Swizzy, lui, déambule au milieu de tout ça, complètement grisé par sa propre énergie. Le plaisir qu’il prend à faire un tube est communicatif. Co-écrit par Sean Garrett, songwriter en vogue, “Tambourine” est un hit à flux tendu, lancé à pleine vitesse dans la quête du gimmick ultime : “Shake your tambourine, go and get yourself a whistling“.

Et en plus, Eve défonce dans le clip, ce qui ne gâche rien. Enjoy :

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=94lcY9D2rOQ]

Les morceaux parfaits (2/10)

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Hier soir, France 3 a rediffusé “Le Zèbre”, un film de Jean Poiret inspiré d’un roman d’Alexandre Jardin, avec Thierry Lhermitte et Caroline Cellier dans les premiers rôles. Je n’ai jamais vu ce film, mais je me rappelle assez bien de l’époque de sa sortie. Sans aller fouiner dans ma vieille collection de Première, je dirais qu’il est sorti en 92 ou 93, en été, à l’époque de “Batman 2″ et “L’arme Fatale 3″. Si je devais voir ce film – qui, bizarrement, me fait penser à Didier Kaminka et Grace de Capitani, autrement dit une certaine idée du cinéma français – ce serait uniquement pour vérifier que la chanson du générique de fin est bien “Le Zèbre” d’Alain Souchon. Si c’était le cas, il deviendrait alors le meilleur film de tous les temps.

“Le Zèbre” est le dixième des onze titres de “C’est déjà ça”, gros succès de Souchon au début des années 90. Pour résumer, c’est l’album de “Foule sentimentale”, titre qui avait du être élu “chanson de la décennie” pendant une émission du vendredi soir sur TF1, et qui m’a toujours laissé de marbre : en concert, les gens deviennent dingues quand commence le fameux accord de guitares du morceau, pendant que moi – dans mon coin – je reste prostré en attendant qu’il interprète “La vie Théodore” (j’exagère à peine).

J’ai beaucoup écouté l’album quand j’étais petit, et je l’ai racheté récemment pour compléter ma collection. Verdict ? Même si j’ai du mal à m’attacher aux nombreux singles (“Foule sentimentale” donc, mais aussi “L’amour à la machine” et “Sous les jupes des filles”), l’album est un bon cru, surtout quand Souchon congédie tous ses musiciens sauf le pianiste : dans ce registre, “Les filles électriques” s’inscrit ainsi dans une belle lignée, après “On se cache des choses” (1988) et bien avant “Le marin” (2005).

“Le Zèbre”, donc, frôle la conclusion de l’album, et c’est le seul titre du disque qui ne porte aucune marque du temps passé depuis 1993. Sur des guitares que j’imagine andalouses, Alain Souchon fait ce qu’il fait de mieux : rassembler un minimum de mots sur son carnet et les regarder former une mélancolie abstraite et touchante. Je me rappelle avoir entendu, il y a quelques années, un chroniqueur-télé le taquiner en lui demandant pourquoi il avait employé le mot “géranium” dans “Le pouvoir des fleurs” de Laurent Voulzy. Sacrilège ! C’est justement parce que Souchon emploie des mots comme “géranium” ou “congèles” qu’il réussit à poétiser ce qui passe chaque jour devant nos yeux.

Simply the best (désolé Charles) : Alain Souchon – Le zèbre (1993)

Les morceaux parfaits (1/10)

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J’aurais vraiment voulu que ce blog demeure un making-of en temps réel de notre album autour d’Aznavour, mais soyons honnête : la vie du beatmaker bénévole, ce n’est pas seulement faire du son. C’est aussi en écouter. Histoire qu’on fasse un peu mieux connaissance, je vous propose donc une grande série estivale, un peu comme ce que fait chaque année Paris Match avec les crimes irrésolus et les destins brisés, sauf qu’ici, je vais vous parler des morceaux qui, dans mon monde, représentent une forme de perfection absolue, et constituent le cœur de mon inspiration.

Pour commencer cette série – qui durera, allez, dix épisodes – je ne peux pas ne pas évoquer le morceau qui, à l’heure actuelle, s’accroche obstinément à la première marche de mon podium 2007 et revient fréquemment me hanter les jours de grand beau temps : “Là où poussent mes racines”, solo d’Ekoué sur le dernier album de La Rumeur.

“Là où poussent mes racines” me rappelle “Le silence n’est pas un oubli” de Lunatic. Les deux titres ont en commun d’intervenir en fin de disque, de reposer sur des leitmotivs mélodiques entêtants (l’orgue de cathédrale dans l’un, le synthé désaccordé dans l’autre), et de laisser apparaître chez les auteurs une pointe de fragilité. Avec sa basse triste et ample qui vient submerger une rythmique frontale (un pied, un clap), “Là où poussent mes racines” donne dans le futurisme usé, et jette une chape de plomb sur un album déjà éprouvant.

J’entends déjà les adorateurs de La Rumeur hausser les épaules et me dire que “Là où poussent mes racines” n’est même pas le meilleur morceau de l’album : Ekoué, après tout, pose un texte décousu, sans véritable ligne directrice ni ponctuation. Son premier couplet est une accumulation de phrases, pas vraiment liées les unes aux autres, mais qui, récitées bout à bout, forme un tout massif, entre nihilisme défait, vindicte politique et nostalgie aigre.

Habituellement, Ekoué est un rappeur qui ne m’inspire pas une grande sympathie : je lui en ai toujours un peu voulu de cogner régulièrement sur Akhenaton, et il a laissé croître autour de son rap une carapace d’intransigeance bornée qui a finir par me faire fuir La Rumeur. Mais sur ce morceau, il atteint, peut-être malgré lui, l’état de grâce, et livre un titre définitif, intime et universel, qui peut évoquer l’espace de quelques mots les joies de l’enfance, le poids de l’histoire et les coups de pied du jour le jour. Je voudrais vraiment citer une phrase parmi d’autres, mais je me rends compte que si l’on arrache un segment de l’ensemble, il perd de sa force, car ce texte prend corps et âme en grande partie grâce à la voix rauque et encombrée d’Ekoué, qui, quand il manque de s’étouffer en taclant “ce culte de l’Afrique noire où les blancs vivent comme des pachas sans se manger de crachats“, n’interprète plus son texte, mais le subit du plus profond de lui-même.

Je ne mets pas le morceau en téléchargement car j’ai pas envie de me prendre un coup d’pression je défends le vrai hip-hop, mais le cœur y est. Ecoutez ce titre. Achetez l’album. Ce sont des classiques.