Aznavour : 10 chansons références

Deuxième cas pathologique à signaler, après l’aznavourite aigüe : le prosélytisme aznavourien. Dans mon entourage, il n’y a pas de fan à qui je peux réciter des couplets d’un air entendu, alors il y a peu, j’ai décidé d’adapter le concept bien connu du “Je-vais-te-faire-une-compil’-de-rap-pour-te-prouver-que-c’est-bien” pour faire découvrir les classiques de Charles Aznavour à mes sœurs. J’ai donc scrupuleusement choisi 10 titres parmi l’immensité de son catalogue. Objectif : les faire fondre en larmes.

Voici ma sélection :

Non je n’ai rien oublié
Au départ, j’étais parti pour faire une sélection underground, mais je me suis aperçu que chez Aznavour, les titres les plus connus sont souvent les meilleurs. “Non je n’ai rien oublié” s’est imposé par sa dimension cinématographique : après des années de séparation, un homme recroise l’amour de sa vie dans la rue. Dans le rôle principal, Aznavour fait vivre la scène, entre flashbacks, confidences intimes, et envolées enflammées. L’auditeur, lui, devient spectateur de ces retrouvailles. J’adore les chœurs qui soulignent les couplets. Et raccompagner une fille “à travers les rues mortes“, c’est vraiment la classe.

Au printemps tu reviendras
Peut-être mon titre préféré d’Aznavour. Je suis raide dingue de l’orchestration du morceau, qui oscille entre des moments de pure joie sautillante et une mélancolie inavouée. Il y a dans l’optimisme désespéré du narrateur quelque chose qui vient me serrer le cœur à chaque écoute. Ne me dites pas que je suis fleur bleue, j’suis sûr que ça vous fait pareil.

Et moi dans mon coin
Voilà un morceau que j’ai découvert sur le tard, après m’être contenté de survoler ses premières mesures pendant des mois, sans me douter qu’il y avait un titre déchirant juste derrière. Dans son premier album, Cali avait fait un titre similaire sur le thème de l’intrus dans le couple (‘Dolorossa’). Malgré tout le respect que j’ai pour Cali, il se fait littéralement exploser par Charles Aznavour dans ‘Et moi dans mon coin’. Ecoutez bien la façon dont il dit “J’ai passé une excellente soirée” à la fin. Imbattable.

L’amour et la guerre
Un titre que j’ai ajouté in-extremis à la sélection, sans qu’il fasse vraiment partie de mes classiques à la base. “L’amour et la guerre” se joue sur la richesse des arrangements, avec tout ces instruments qui viennent capter l’attention pendant une seconde avant de s’éclipser. L’interprétation est un peu surannée, un peu “entre-deux-guerres”, un sentiment accentuée par la (fausse) naïveté du thème : faisons l’amour, pas la guerre.

Le palais de nos chimères
Le morceau préféré de Dreyf. Il aurait aimé que je le sample, mais j’en suis incapable. J’adore quand Aznavour réussit, comme dans ce titre, à évoquer toute une vie en quelques strophes. Chaque mot est soupesé, les phrases sont limpides, à la fois précises et oniriques (“le palais de nos chimères, nous l’avions bâti sur l’horizon“). Tout ce qu’il dit à partir d’1:09 incarne selon mes critères la pureté absolue. Si on ne faisait pas de rap, j’insisterais auprès de Dreyf pour qu’on appelle notre album “Le château de la rose des vents”.

Qui ?
… Te prendra un “Je t’aime”. Rien à ajouter.

Hier encore
Je ne sais plus à quel âge Aznavour a écrit des textes comme celui-là, il ne pas devait être beaucoup plus vieux que moi. Qu’un homme de moins de trente ans réussisse à écrire une chanson éternelle sur le temps passé avec une telle lucidité et un tel recul est pour moi un vrai mystère.

L’amour c’est comme un jour
Le pendant de “Hier encore”, en remplaçant “le temps” par “l’amour”. Je n’ai jamais compris ce que voulait dire “un jour de soleil en ripaille“, mais c’est doux à mon oreille, et c’est évidemment la seule chose qui importe. Pour info, ce n’est pas Charles Aznavour qui a écrit le texte, mais l’auteur (Yves Stéphane) a un sens de la simplicité bluffant : après “L’amour c’est comme un jour”, plus personne n’a pu faire aussi bien rimer “avenir” avec “souvenir“.

Il te suffisait que je t’aime
Je commence à épuiser mon stock de superlatifs. Une chose qui me bouleverse dans ce morceau, c’est la façon dont les violons et les cuivres viennent petit à petit charger l’atmosphère de nuages grisâtres au-dessus de ce couple vieillissant. Peut-être mon titre préféré d’Aznavour (bis).

Sa jeunesse
Teaser : l’un des meilleurs titres d’Aznavour pourrait bien devenir le meilleur titre de Dreyf. Avant que de sourire…

Et vous, quel est votre Top 10 des chansons d’Aznavour ?